Espace Aurore
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Les régimes, Hollande l'a fait…

28/09/2015

C'est le 31 mars 2011 que François Hollande
annonce sa candidature à la Présidence de la
république. À l'époque, personne ne lui
donne la moindre chance de l'emporter…
Mais ce ne sont pas uniquement les malheurs
de Dominique Strauss-Kahn, ou bien encore
le désamour des Français vis-à-vis de Nicolas
Sarkozy, qui permettent à François Hollande
de l'emporter. Le fait que ce dernier
d’allège d'une quinzaine de kilos grâce à un
régime dur et rapide apparaît comme le signe
de sa détermination, de son courage, du fait
qu'il est prêt à faire des sacrifices pour atteindre
ses objectifs, et que probablement, il
sera un chef à la hauteur pour conduire les
réformes dont la France a besoin.
Mais après la victoire de mai 2012, peu à
peu, les kilos reviennent et le président apparaît
de plus en plus boudiné dans ses costumes,
qu'il n'arrive plus à fermer. Un an plus
tard, il a repris la majorité de ses kilos tandis
que son indice de popularité suit un chemin
inversement proportionnel. Comment ne pas
attribuer à un « manque de volonté » ce retour
des viandes en sauce, des mayonnaises,
du plateau de fromages et des tartes au chocolat
au menu de l'Élysée, et ne pas faire la
comparaison avec l'incapacité à inverser la
courbe du chômage, à prendre des décisions
difficiles et impopulaires, mais pourtant absolument
nécessaires ?
Ce retour des kilos ne nous surprend guère :
n’est-ce pas la règle, après un régime amaigrissant
? Et ce d’autant plus que le métier
de Président de la République est à l'évidence
des plus stressants, et que lorsqu’on est
un mangeur émotionnel, quoi de plus simple
que d’éviter ou juguler ses émotions par le
biais des excès alimentaires ?
Mais là n’est pas le plus intéressant. On peut
se demander dans quelle mesure la reprise
pondérale présidentielle n’a pas joué un rôle
dans la perte de confiance des Français vis-
à-vis de leur Président. Quoi, nous aurait-il
menti en ce qui concerne sa capacité à gouverner
puisqu’à l’évidence, il n’est même pas
capable de garder la ligne ?
Nous voilà dans une ère où l’aspect physique
et le comportement alimentaire des candidats
à la présidentielle jouent un rôle non négligeable
dans les décisions des électeurs. Je
me suis laissé dire que, au printemps 2011,
Dominique Strauss-Kahn avait lui aussi dé-
marré un régime en vue de présenter sa candidature…
tandis que de son côté, Nicolas
Sarkozy, surveillant ses poignées d’amour,
forçait sur le vélo et le jogging et s’interdisait
le chocolat.
Certes, pour les scientifiques, concernant les
régimes amaigrissants, l’affaire est entendue :
ils sont inefficaces dans la durée et délétères.
Mais concernant le reste du monde, la capacité
à mener à bien un régime amaigrissant
reste un marqueur visible du niveau de volonté,
de la capacité à se réformer, à maîtriser
les événements.
Malheureusement, privilégier le court terme
sur le long terme, les apparences sur le fond,
n’apportent que déception.


Gérard Apfeldorfer

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